Reprendre ses études à 40 ans : par où commencer ?
Reprendre des études à l’âge adulte se fait souvent gratuitement, par des portes précises comme le DAEU ou la VAE. Voici comment s’y prendre sans tout recommencer d’un coup.
Vous avez quarante ans, un emploi ou pas, et une idée qui ne vous lâche plus depuis des mois : reprendre des études, celles que vous avez arrêtées trop tôt, ou celles que vous n’avez jamais commencées. La question n’est pas de savoir si c’est possible. Ça l’est, bien plus souvent qu’on ne le croit, et souvent gratuitement. La vraie question, c’est par où commencer.
Les peurs qu’on peut ranger tout de suite
Trois craintes reviennent presque toujours. Le niveau : « je ne me souviens de rien, je vais couler ». L’âge : « je serai le plus vieux de la salle ». Le regard des autres : la famille qui s’étonne, les collègues qui ne comprennent pas. Ces trois peurs sont réelles, et elles ne disent rien de vos capacités : elles disent seulement que vous n’avez pas pratiqué depuis longtemps. Un adulte qui reprend des études arrive avec autre chose que des souvenirs de cours : une expérience du travail, une motivation choisie, et une bonne raison de tenir dans la durée que peu d’élèves de dix-huit ans possèdent encore.
Les portes gratuites, et leurs vrais noms
Deux dispositifs publics ouvrent des portes précises, et ils portent chacun un nom qu’il vaut mieux connaître avant d’appeler un organisme de formation. Le premier est le DAEU, le diplôme d’accès aux études universitaires : un diplôme national équivalent au baccalauréat, destiné à qui a interrompu ses études avant de l’obtenir. Il permet de reprendre des études supérieures, de se présenter à des concours administratifs qui exigent le bac, ou simplement d’attester un niveau de culture générale. Il se prépare en un an, en cours du soir ou à distance selon les universités qui le proposent.
Le second est la validation des acquis de l’expérience, la VAE : une troisième voie vers un diplôme, à côté de la formation initiale et de la formation continue, qui permet de faire reconnaître par un jury ce que vous savez déjà faire, appris au travail, en bénévolat ou ailleurs. Selon le portail public France VAE, le parcours dure huit mois en moyenne et plus de 87 % des candidats qui vont jusqu’au jury obtiennent leur diplôme. Ce n’est pas un raccourci facile : c’est un chemin différent, qui part de ce que vous savez déjà plutôt que de zéro.
À côté de ces deux diplômes, beaucoup de villes proposent des cours du soir municipaux, gratuits ou à prix modique : langues, informatique, remise à niveau en français ou en calcul. Le réseau des Greta, adossé à l’éducation nationale, existe dans chaque région pour des formations qualifiantes plus longues. Le bon réflexe reste souvent le plus simple : passer par sa mairie, son centre social ou l’université la plus proche, et demander qui propose quoi, pour quel public, à quel tarif.
Commencer petit, plutôt que tout recommencer
L’erreur la plus fréquente, c’est de viser tout de suite le diplôme entier, sur plusieurs années, avant même d’avoir testé le rythme. Un module, une unité d’enseignement, un trimestre de DAEU : commencer petit permet de vérifier concrètement si l’organisation tient, si la matière plaît encore, si le moment de la vie s’y prête. Ce premier morceau réussi vaut toutes les résolutions du 1er janvier : il donne une preuve, pas une promesse.
Organiser son temps sans y laisser sa vie
Reprendre des études à côté d’un travail ou d’une famille ne tient pas à la volonté seule, mais à un créneau fixe, protégé comme un rendez-vous qu’on ne déplace pas. Deux heures un mardi soir valent mieux que dix heures promises un dimanche qui n’arrivera jamais. Prévenir l’entourage change aussi beaucoup de choses : un adulte qui étudie a besoin qu’on lui laisse, de temps en temps, une soirée fermée.
On ne reprend pas des études pour rattraper le temps perdu. On les reprend parce qu’on a, aujourd’hui, une raison qu’on n’avait pas à dix-huit ans.
Reprendre des études à quarante ans ne ressemble pas à recommencer sa scolarité. C’est un chemin plus court qu’on ne l’imagine, avec des portes qui portent un nom précis, un jury qui existe vraiment, et un premier module qui tient en quelques semaines. Le reste s’apprend en marchant.
Sources
- La validation des acquis de l’expérience (France VAE) (vae.gouv.fr)
- DAEU : diplôme d’accès aux études universitaires (Mon Parcours Handicap) (monparcourshandicap.gouv.fr)