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Comment aider son enfant à s’organiser en sixième ?

En sixième, l’organisation compte souvent plus que les matières elles-mêmes. Agenda, liste du cartable, coin de travail : les outils simples, et le bon rôle du parent.

En CM2, un seul professeur connaissait tout de l’emploi du temps, du classeur et des devoirs du jour. En sixième, ce même enfant se retrouve avec sept ou huit professeurs différents, autant de salles, et des devoirs qui tombent à des horizons différents selon les matières. Beaucoup de familles s’attendent à ce que le collège soit d’abord plus difficile dans le contenu des cours. La vraie difficulté de septembre se loge souvent ailleurs : dans l’organisation elle-même, cette autre grande matière de l’année que personne n’enseigne vraiment.

Une vraie marche à monter, pas un caprice

Un cahier oublié, un devoir noté sur un post-it perdu, un cours de sport sans les affaires : ces oublis ne signalent pas un manque de sérieux. L’Encyclopédie Universalis rappelle que la maturation du cortex préfrontal, la zone du cerveau qui pilote justement la planification, la mémoire de travail et le contrôle de soi, se distribue lentement de la petite enfance jusqu’à l’adolescence. Autrement dit, à onze ou douze ans, les circuits qui permettent d’anticiper, de retenir plusieurs consignes en tête et de s’organiser dans la durée sont encore en construction. Demander à un enfant de sixième de gérer seul, du premier jour, une organisation pensée pour un adulte revient à lui demander une compétence qu’il est en train d’acquérir, pas une compétence qu’il devrait déjà avoir.

Un agenda vraiment rempli

Le premier outil, et le plus sous-utilisé, reste l’agenda. Beaucoup d’élèves le reçoivent, le décorent, puis oublient de l’ouvrir une fois sur deux. La bonne habitude est simple mais demande de la régularité au début : noter chaque devoir à la date exacte du jour où il est demandé, pas seulement à la date où il est dû, et cocher les cases une fois faites. Un enfant qui prend cette habitude dès les premières semaines la garde ensuite sans qu’on ait besoin d’y revenir. Celui qui la prend en retard, en général vers la Toussaint après quelques oublis douloureux, la garde tout aussi bien : le timing compte moins que la mise en place elle-même.

L’agenda a un autre mérite, moins visible : il découpe une semaine qui paraît immense en une suite de journées gérables. Un enfant qui découvre le mercredi soir qu’il a un contrôle vendredi et un exposé lundi vit ça comme une masse informe et angoissante. Le même enfant, qui a noté les deux échéances dès qu’elles ont été données, peut répartir le travail sur plusieurs petits moments au lieu de tout affronter d’un bloc la veille. L’outil ne change rien à la quantité de travail à fournir, mais il change complètement la façon dont elle se vit.

Les outils qui ne coûtent rien

Le parent en filet de sécurité, pas en gendarme

Le rôle qui aide vraiment n’est pas celui qui vérifie chaque ligne de l’agenda à la loupe ni celui qui refait le cartable à la place de l’enfant. C’est celui qui reste disponible, en retrait, prêt à relancer une question plutôt qu’à donner l’ordre : « tu as vérifié pour demain ? » plutôt que « donne-moi ton agenda ». Le cahier oublié une fois, la punition qui suit, l’explication donnée au professeur par l’enfant lui-même : ces petits ratés font partie de l’apprentissage, et un parent qui les évite systématiquement retarde la leçon plus qu’il ne rend service. Le filet de sécurité existe pour les vrais accrocs, pas pour empêcher toute chute.

L’agenda ne sert à rien tant que quelqu’un ne l’a pas d’abord montré comment s’en servir.

Ce qui se joue en sixième dépasse largement le programme de français ou de mathématiques. C’est la première fois qu’un enfant doit tenir seul les fils de sa propre semaine, avec des outils qu’on lui a montrés une fois et qu’il doit désormais faire vivre au quotidien. Les débuts hésitants ne prédisent rien de l’année entière : ils sont juste la trace normale d’une compétence encore neuve, qui se solidifie précisément en étant pratiquée, semaine après semaine.

Sources

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