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Aider aux devoirs quand on n’y comprend plus rien soi-même

Vous ne savez plus résoudre l’exercice de votre enfant : ça ne vous empêche pas de l’aider vraiment. Le cadre et l’écoute comptent plus que la matière.

L’exercice est posé sur la table, votre enfant attend, et vous relisez la consigne sans qu’aucune méthode ne vous revienne. Les fractions, la grammaire d’aujourd’hui, un théorème dont le nom seul évoque un vague souvenir de classe : le blanc est total. Le premier réflexe est souvent la honte, discrète mais réelle, celle qui pousse à refermer le cahier en marmonnant qu’on regardera plus tard.

Ce sentiment n’a pourtant rien d’exceptionnel, et surtout, il repose sur un malentendu. Aider aux devoirs n’a jamais voulu dire redevenir soi-même élève dans la matière. Une étude d’information de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), publiée en 2015 par Marie-Flavie Brasseur, Élise Dion, Fiona Morice et Jean-Paul Caille, montre que l’implication des parents au cours préparatoire prend des formes très différentes selon le capital scolaire et culturel de la famille : environ quatre familles sur dix concentrent leur suivi sur l’aide aux devoirs et les rencontres avec les enseignants, tandis qu’une sur cinq suit la scolarité de façon plus distante. Le diplôme du parent pèse sur la manière de s’impliquer, mais il ne détermine pas la capacité à bien accompagner un enfant.

Ce qui aide vraiment, sans savoir résoudre l’exercice

Ce qui manque un soir de devoirs difficiles n’est presque jamais un cours particulier improvisé sur un coin de table. C’est un cadre : une présence qui ne panique pas devant le cahier, un moment prévu, une oreille disponible. Un enfant qui sent son parent tendu par sa propre incompétence supposée absorbe surtout cette tension, bien plus que le contenu de la leçon.

Le geste le plus utile reste souvent le plus simple : demander à l’enfant de raconter sa leçon dans ses propres mots. C’est lui l’expert du jour, celui qui a suivi le cours ; vous, vous êtes celui qui écoute et qui pose la question qui manquait, du genre « et ton professeur, il a dit quoi pour ce genre de cas ? ». Cette position d’écoute n’exige aucune connaissance de la matière, seulement de la disponibilité et un peu de patience.

Il y a aussi une chose que beaucoup de parents ignorent : un enfant n’attend presque jamais de vous une explication savante. Il attend surtout de savoir si le sujet est important à vos yeux, si on peut y revenir sans se fâcher, et si l’échec d’un soir ne va pas gâcher toute la soirée. Dire simplement « je ne me souviens plus de cette méthode, mais on va trouver » rassure bien davantage qu’une improvisation approximative qui finirait par embrouiller tout le monde.

Ne pas savoir résoudre l’exercice n’a jamais empêché personne de bien accompagner un enfant qui le résout.

Chercher ensemble, plutôt que faire semblant de savoir

Il reste des soirs où l’enfant est vraiment bloqué et où raconter ne suffit pas. Rien n’oblige alors à inventer une explication approximative pour sauver la face : chercher ensemble une ressource gratuite, un manuel emprunté à la bibliothèque, une explication trouvée en ligne, est un geste tout aussi formateur qu’une explication magistrale. Cela montre à l’enfant que ne pas savoir, puis aller chercher, fait partie normale du travail, à tout âge.

Se déculpabiliser, surtout sans études longues

L’association Coup de Pouce, fondée en 1984 par des enseignants et qui accompagne depuis plus de trente ans des centaines de milliers de familles, part justement de ce principe : aucun parent ne devrait vivre les difficultés scolaires de son enfant comme une fatalité liée à son propre parcours. Ses ateliers associent délibérément les parents, quel que soit leur niveau d’études, aux activités de leurs enfants, sur l’idée que la confiance et la présence pèsent au moins autant que la maîtrise du programme.

Un parent qui n’a pas fait d’études longues transmet malgré tout quelque chose d’essentiel chaque soir de devoirs : l’idée qu’apprendre vaut la peine, qu’on peut chercher sans honte, et que se tromper fait partie du chemin. Cela ne remplace pas un professeur. Mais ce n’est pas non plus rien : c’est souvent exactement ce dont l’enfant a besoin pour tenir jusqu’à la fin de l’exercice.

Sources

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